Anevrysme arteriel intracranien

Madame, Monsieur,

Vous allez lire un document qui a pour but de vous informer sur votre maladie, les examens et/ou les traitements qui vous sont proposés. Il a été édité et diffusé par la Société Française de Neurochirurgie. Il contient une information d’ordre général et ne saurait remplacer l’entretien avec votre chirurgien concernant votre cas particulier. La signification ou les termes de ce document ne vous sont peut être pas parfaitement compréhensibles. Votre chirurgien est à votre disposition pour vous les expliquer et répondre à toutes vos questions.

DEFINITION :

L’anévrysme cérébral est une hernie de la paroi artérielle réalisant un point de faiblesse, parfois allongé : anévrysme fusiforme (fuseau), plus souvent sacciforme (en forme de sac). Cette zone de faiblesse peut se fissurer voire se rompre provoquant une hémorragie plus ou moins importante et grave : c’est la circonstance de découverte la plus fréquente. Sa gravité est souvent importante : une rupture sur deux est responsable d’un décès avant même l’arrivée à l’hôpital

Cette rupture va entraîner la présence de sang à la périphérie du cerveau et dans les formes les plus graves, une pénétration du sang dans le tissu cérébral avec constitution d’une collection de sang dans le cerveau (hématome) et/ dans les cavités qui sont à l’intérieur du cerveau (ventricules).

Le scanner effectué en urgence lors de la rupture va confirmer l’existence de l’hémorragie et va quelquefois mettre en évidence l’anévrysme.

De façon plus rare, c’est lors d’un bilan pour tout autre cause que le scanner, effectué à titre systématique, va révéler l’existence d’un anévrysme sur l’un des clichés.

Le plus souvent il est nécessaire de recourir à une artériographie (injection de produit de contraste dans les vaisseaux) pour montrer d’une part l’anévrysme et d’autre part l’état des vaisseaux qui l’entourent.

Ce bilan permet également de dépister l’existence d’autres anévrysmes associés. L’artériographie est également indispensable pour choisir le meilleur traitement possible de cet anévrysme.

TRAITEMENT :

Le but du traitement est d’exclure l’anévrysme pour éviter la rupture (découverte fortuite) ou éviter la récidive de rupture (découverte lors de l’hémorragie).

Deux méthodes existent :

le traitement endovasculaire (embolisation pratiquée par les neuroradiologues)

le traitement chirurgical (clippage pratiqué par les neurochirurgiens).
Le choix du traitement est discuté entre les neuro-radiologues et les neurochirurgiens. L’un comme l’autre nécessitent une anesthésie générale.

PRINCIPES :
Les deux méthodes ont comme principe commun de boucher l’anévrysme, tout en conservant la perméabilité du ou des vaisseaux dont il naît.
Le traitement endovasculaire consiste à enrouler dans l’anévrysme, par l’intermédiaire d’une petite sonde porteuse introduite dans sa cavité, des petites spires (coïls) jusqu’à ce qu’il soit complètement bouché. Le traitement chirurgical consiste à disséquer les vaisseaux porteurs de l’anévrysme, et mettre une petite pince (clip) sur le collet de l’anévrysme (partie qui le fait communiquer avec l’artère) pour l’exclure de la circulation.

INDICATION :
Le choix dépend : des caractéristiques anatomiques de l’anévrysme (localisation, forme, taille, artères environnantes), du type de l’hémorragie : hématome comprimant le cerveau ou non, de l’âge du patient.

SUITES :
il faut bien dire que le résultat est strictement corrélé à l’état neurologique du patient au moment du traitement. Un patient qui présente un excellent état clinique au moment de l’opération a évidemment infiniment plus de chance de guérir sans séquelle qu’un patient admis dans le coma avec une hémorragie intra-cérébrale volumineuse.

Lorsque le patient est dans un coma majeur, le traitement est malheureusement souvent illusoire et l’évolution se termine soit par le décès, soit par des séquelles neurologiques dramatiques. Globalement un sujet de moins de 40 ans ou moins, porteur d’un anévrysme de moins de 12 mm, en bon état neurologique, a 3 chances sur 4 de guérir sans séquelle : cette chance est inférieure à une sur deux si l’âge est supérieur à 60 ans. Les mêmes patients comateux, à l’arrivée, ont respectivement une chance sur 10, et une chance sur 20 de récupération complète.

C’est justement la gravité des conséquences des ruptures massives qui incitent au traitement des anévrysmes de découverte fortuite.

LES COMPLICATIONS :

• elles sont le plus souvent liées aux conséquences de l’hémorragie :
-  destruction de parties plus ou moins importantes du cerveau lors de l’hémorragie
-  vasospasme : un rétrécissement des artères peut se produire dans les jours qui suivent l’hémorragie entraînant un défaut d’oxygénation de zones plus ou moins étendues du cerveau pouvant entraîner des paralysies, un coma, voire le décès
-  hydrocéphalie : l’hémorragie peut entraîner un blocage de la circulation normale du liquide céphalo-rachidien qui s’accumule et doit être alors drainé soit de façon temporaire soit de façon définitive.

• elles peuvent être en relation avec le traitement de l’anévrysme lui-même que ce traitement soit endovasculaire ou chirurgical
-  complications de l’anesthésie générale
-  l’occlusion ou spasme des vaisseaux cérébraux à l’origine d’accidents ischémiques, ramollissement dont les conséquences peuvent être graves : paralysie, coma, décès.