Exérèse d’un neurinome de l’acoustique





Madame, Monsieur,

Vous présentez une tumeur du nerf acoustique, nerf de l’audition et de l’équilibre. Elle a été objectivée par l’examen clinique, les examens de l’audition et de l’équilibre et le bilan d’imagerie.

Afin que vous soyez clairement informé du déroulement de cette intervention, nous vous demandons de lire attentivement ce document d’information. Votre chirurgien est à votre disposition pour répondre à toutes vos questions.

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BUT DE L’INTERVENTION

Le neurinome est une tumeur bénigne, non cancéreuse. La tumeur se développe à partir du nerf au niveau de l’oreille, dans le conduit auditif interne, expliquant sa révélation par une surdité ou des troubles de l’équilibre.

Sa croissance peut entraîner une compression du cerveau et du cervelet ainsi que des autres nerfs, principalement le nerf trijumeau (sensibilité de la face) et le nerf facial (mobilité du visage). Compte tenu de ces risques une intervention chirurgicale vous est proposée après avoir analysé les caractères de votre tumeur, en particulier sa taille et sa rapidité de croissance, ainsi que votre age, votre état général. Ainsi la chirurgie est apparue nécessaire plutôt que les autres alternatives (surveillance ou radiochirurgie) qui ont été discutées.

Le but de l’intervention est de retirer la tumeur dans sa totalité, tout en préservant l’ensemble des structures cérébrales et les nerfs au contact de la tumeur.

REALISATION DE L’INTERVENTION

L’intervention se fait soit par le neurochirurgien, soit en double équipe par le neurochirurgien et l’oto-rhino-laryngologiste en fonction des caractéristiques de la tumeur et des habitudes. Plusieurs voies d’abord peuvent être utilisées ; elles ont chacune leurs avantages et leurs inconvénients. Le choix est essentiellement fonction du volume de la tumeur, de l’importance de la surdité et de la possibilité de conserver une audition.

L’intervention s’effectue sous anesthésie générale et sera suivie d’une phase de surveillance post-opératoire sous la compétence du médecin anesthésiste-réanimateur, que vous verrez en consultation préalable à l’intervention.

Quelle que soit la voie d’abord, l’intervention comporte une incision cutanée dans le cuir chevelu, au dessus et en arrière de l’oreille suivie d’une ouverture de l’os et des méninges. Elle est réalisée sous microscope opératoire, qui permet une dissection très fine pour libérer la tumeur du cervelet et des autres nerfs crâniens, en particulier le nerf facial qui est toujours accolé à la tumeur. Une surveillance électrique de votre nerf facial est effectué pendant l’intervention.

Dans certains cas, le comblement de la cavité opératoire est réalisé par du tissu graisseux ou musculaire pris sur la paroi abdominale ou sur la cuisse.

Les soins post-opératoires et la durée d’hospitalisation vous seront précisés par votre chirurgien.

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RISQUES POST-OPERATOIRES

Une paralysie faciale peut apparaître après l’intervention. Elle peut être partielle ou totale. Elle est due à la libération du nerf facial intimement accolé à la tumeur, le fragilisant par refoulement et étalement. Elle régresse progressivement en quelques semaines ou quelques mois. Quand elle persiste totalement au delà d’un an, une intervention peut être proposée pour récupérer une mobilité de votre face.

Des troubles de l’équilibre peuvent être observés dans les premières semaines post-opératoires. Ils sont liés au développement de la tumeur à partir du nerf vestibulaire responsable de l’équilibre. Ils seront corrigés par une rééducation spécialisée.

La surdité, du coté opéré, est totale, définitive, lorsque la voie d’abord passe au travers du rocher ; cette voie d’abord est souvent choisie pour les tumeurs de gros volume responsables d’une altération importante de l’audition. La surdité est souvent aggravée lorsque la voie d’abord passe en arrière du rocher ou au dessus ; cette dernière est choisie pour tenter de préserver une audition encore correcte.

D’autres problèmes peuvent s’avérer gênants : acouphènes à type de bourdonnements ou de sifflements perçus dans l’oreille, douleur de la cicatrice, troubles de la sensibilité de la face.

Enfin, comme dans toute tumeur, la récidive est possible liée à un résidu tumoral parfois inévitable en particulier au niveau du conduit auditif interne.

COMPLICATIONS GRAVES ET/OU EXCEPTIONNELLES

Tout acte médical, investigation ou intervention sur le corps humain, même conduit dans des conditions de sécurité conformes aux données actuelles de la science et de la réglementation en vigueur, recèle un risque de complication.

Un hématome post-opératoire est rare, mais peut entraîner le décès ou des séquelles graves. Il peut nécessiter une ré intervention d’urgence.

Une lésion ischémique du tronc cérébral est également rare avec risque de décès ou de séquelles importantes.

Les risques infectieux correspondent à la survenue d’une méningite parfois liée à un écoulement de liquide céphalo-rachidien par la cicatrice opératoire ou par une narine. Dans ce cas, elle pourra nécessiter, outre un traitement antibiotique, la mise en place d’un drain lombaire, voire une ré intervention pour comblement de la cavité opératoire.

D’une manière générale les risques opératoires sont proportionnels au volume de la tumeur.

Enfin, comme pour toute intervention, il existe un risque anesthésique qui vous sera expliqué par nos collègues, des risques infectieux urinaires et pulmonaires, ainsi qu’un risque de phlébite et d’embolie. Ces complications font l’objet d’une démarche de prévention à tous les niveaux.