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A quoi ça sert un secrétaire ?

Quel est le rôle d’un secrétaire dans une société savante comme la SFNC ?
Epineuse question ! Posée par un homme, comme cela, mine de rien, au détour d’une conversation lors d’un CSA. Cet homme, c’est le rédacteur du journal, que l’on a voulu relancer pour vous, votre Lettre du Neurochirurgien. Et il insiste « ce serait bien que tu nous racontes ce que tu as compris du rôle d’un secrétaire », j’aurai pu me taire, mais il se trouve que je respecte à plus d’un titre Jean Pierre H. et je vais tâcher de t’éclairer mon ami.
En réalité, je ne te remercierai jamais assez de me l’avoir posé. Et j ‘y réponds bien volontiers avant de rendre le tablier parce qu’une fois raccroché, le gout s’efface à la vitesse de la lumière comme lors du franchissement de la ligne d’arrivée d’un marathon et … le reste n’est plus que de la mémoire autrement dit du blanc…Et avant tout, secrétaire de quoi ? D’un bureau, d’une société et de ses membres la composant, D’une relation avec nos partenaires industriels ?

Secrétaire d’un bureau (Président, Vice, Trésorier, chargé de relations extérieures et chargés de missions) est une évidence ; organe essentielle du fonctionnement du CSA et de la société. Mais il se doit d’organiser un secrétariat pour administrer la société et faciliter l’action des membres de la Société dans le domaine de la neurochirurgie. Pour en décrire l’action partons d’idées générales, donc un peu creuses ou ennuyeuses vers le détail, niche du diable. Au sein du bureau, son rôle est de constituer une équipe, ou plus exactement un esprit d’équipe, autour d’un projet fragile « d’argile » dont il n’a pas lui-même la moindre idée. En tout cas la condition sine qua none est l’établissement rapide d’une relation de confiance avec le Président, le Vice et le trésorier reposant sur une relation d’échanges, de tâtonnement intellectuel, de réflexion commune. Et là, doucement, tout doucement, une alchimie se produit, le projet, les besoins apparaissent. Un secrétaire doit accepter cette initiation alchimique, doit savoir accepter ce doute avant de se lancer dans l’élargissement du cercle au bureau puis au CSA pour élaborer l’équipe indispensable au fonctionnement. Revenons sur ce temps d’alchimie, c’est celui du diagnostic (trésorerie, analyse des statuts de fonctionnement, membres, actions scientifiques, formation, rapport avec les autres sociétés, recettes, nombres de membres, juniors, séniors, besoin du corps professionnel …). Dans notre cas avec J.P. Lejeune, P.H. Roche et B. Devaux, il nous a fallu remettre en ordre les outils de fonctionnement de la société (le site internet, notre clientèle i.e. l’annuaire, se réapproprier le congrès source de recettes indispensables au fonctionnement) et échafauder une politique : scientifique attractive dans nos réunions nationales, favoriser les liens entre le libéral et le public, redonner au secteur libéral la place qu’ils ont en terme de soins sur le territoire dans nos congrès, identifier des axes de travail comme les ateliers de la SFNC, la bourse des candidats, et bientôt une organisation en commission scientifique pour planifier des tables rondes et des programmes de congrès 2-3 ans à l’avance, la commission médico-légale, la commission des relations extérieures, la commission des bourses scientifiques…
Et le secrétaire ? He bien Jean Pierre, je te dirai, il est responsable du rythme, du tempo, de la chronologie, de l’animation des débats, du respect des uns et autres dans leurs tâches, du respect des statuts, du développement de l’appartenance à une équipe ; oui de faire naître le sentiment d’équipe, de veiller à sa santé et que ce sentiment d’appartenance se développe chez chacun. Le travail du bureau, si il doit prendre corps, se fera à la mesure de ses questions et encore une fois du rythme proposé par le secrétaire. Aujourd’hui, j’ai le sentiment que l’équipe existe autour de P. Mertens, Th. Civit, B. Devaux, S. Gaillard, T. Faillot, S. Chabardes, J. Destandau, M. Lopez…

Secrétaire des membres composant la société est une dimension inévitable, administrer leur cotisation, leur intégration, leurs inscriptions au congrès dont nous avons la charge, répondre aux demandes d’associations de patients, structurer les outils, comme le site, vérifier la trésorerie, déposer des nouveaux statuts, organiser au mieux nos congrès pour nos collègues jeunes ou moins jeunes mais aussi pour nos partenaires industriels. Ils sont si divers dans leurs préoccupations, leurs façons de pratiquer notre spécialité, il faut savoir répondre à chacune de leur demande avec le plus de réactivité possible. Et là la qualité de ce travail ne peut se faire sans des professionnels comme nous avons la chance d’avoir au sein de notre société, je veux évoquer Mme Haize et Mr Dauger qui sont les travailleurs de l’ombre indispensables à ce que nous avons la chance de voir naître actuellement. Le rôle du secrétaire doit là encore être en parfaite harmonie de travail avec ces « indispensables » et les intégrer dans les réussites scientifiques. Aujourd’hui la personnalisation des besoins de chaque membre passe par ces « indispensables ».

Le secrétaire doit savoir travailler avec les partenaires industriels qui restent les moteurs de notre société. Comme aime me rappeler un de mes amis « le meilleur instrument de navigation aérienne reste le réservoir plein », je me permets d’en faire une métaphore pour notre société « le meilleur garant de nos échanges scientifiques de qualité et de haut niveau reste le soutien financier de nos partenaires industriels ». Il faut savoir rendre hommage à leur effort et rester lucide à propos des bourses scientifiques, de notre congrès national, de la vie des clubs, … Bien entendu, le développement industriel ne peut se faire sans qualité de soins mais le respect mutuel permet de développer au mieux la plasticité cérébrale ou plus exactement de se mettre en condition de développement.

Ainsi, le rôle d’un secrétaire est de protéger l’alchimie relationnelle qui constitue une dynamique de groupe tout d’abord au sein du bureau, du CSA, avec les « indispensables », les partenaires industriels et les membres, tout en donnant la pulsion des échanges et réflexions.
Ai-je répondu à ta question mon ami ? Le secrétaire est responsable de la pulsion d’une société.

Mais je n’ai pas tout dit, de par sa position, le secrétaire subit une lente transformation de son regard sur ses collègues. Ils ont tous un tel investissement mais si divers avec chacun le désir d’accomplir leur graal, leur chemin, résoudre cette quête, chacun à sa façon au service de leurs patients. Comment conserver sous un même chapeau, comme la SFNC, autant de diversités, c’est l’angoisse du secrétaire ! De cette inquiétude en naît une fierté d’être parmi cette diversité, creuset de passions au service des patients, et, surtout l’établissement d’une confiance à leur façon à chacun d’être un chirurgien du système nerveux et de ses enveloppes impliqué et respectueux des contraintes éthiques de la société dans laquelle il vit.

Saches que pour moi, cette tâche a eu un goût d’amitiés puissantes, réminiscence d’un enfant sûr de son pouvoir sur la réalité d’un monde qu’il détient dans la paume de sa main par un matin d’été ensoleillé dans le bruit assourdissant du bourdonnement des abeilles affolées par les senteurs suaves des rosiers.

F. Proust









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