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La Lettre du neurochirurgien n°14

Club de Neuro-Oncologie

Cher(e)s ami(e)s

quelques nouvelles des activités du club :

Laurent Capelle et Luc Bauchet nous ont représenté à l’INCA durant la réflexion sur la chirurgie oncologique. Voici des textes passés par Laurent, en sachant que l’INCA souhaite que nous réfléchissions jusqu’à la rentrée au plus tard sur leurs indicateurs, et sur un CRO standardisé ! Indépendants des critères définis, ils seront l’objet d’une « forte incitation » de l’ARH vis-à-vis des établissements avec lesquels elle discutera. Donc prudence mais propositions à faire tout de même. Merci d’envoyer vos avis et réflexions à Laurent Capelle.

L’étude rétrospective GLIADEL a permis de recueillir 150 dossiers, qui seront revus par un ARC fin 2006-début 2007. L’état de cette étude a été présenté au congrès de Lilles. La conclusion de la discussion animée est qu’il est difficile dans l’état actuel, de faire des recommandations sur l’association Gliadel et radiochimiothérapie avec Témodal. La prescription est laissée à "l’intime conviction" du neurochirurgien, en attendant les résultats des phases II actuellement en cours, des données de notre étude et d’une hypothétique future phase III.

Le recensement des tumeurs continue sous l’impulsion inépuisable de Luc Bauchet, qui vous fait parvenir 3 documents sur ce travail.

Le club a été chargé d’organiser une après midi neurooncologique lors du congrès de Nice de mars 2007. Nous avons proposé une table ronde sur la fluorescence per opératoire dans la chirurgie des tumeurs (Jacques Guyotat se charge des contacts et organisation) ainsi qu’une grande première, une séance de FMC dont le thème sera:génomique des tumeurs cérébrales pour les nuls (avec Gille Brassier pour nous aider).

Enfin, une étude sur les méningiomes invasifs est en train de se monter avec Jacques Guyotat et Michel Kalamarides, à suivre.

N’oubliez pas de proposer vous-même thème de table ronde, d’étude ou projet.

Cordialement à tous

Philippe Menei


Club de Neuro-Oncologie de la Société Française de Neurochirurgie,

présentations au Congrès de la Société de Neurochirurgie de Langue Française, Lille juin 2006

1) Gliadel : Etat de l’étude prospective de la SFNCH (Symposium Link sous la direction de Philippe Menei).

Bien que le Gliadel (Westphal et al., Neuro-oncol., 2003, 5:79-88 ; Westphal et al., Acta Neurochir., 2006, 148:269-275) ait obtenu l’AMM des autorités sanitaires américaines, européennes et françaises dans la chimiothérapie locale après exérèse macroscopique ou subtotale des gliomes cérébraux de hauts grades en récidive et/ou en première intention, et malgré sa prise en charge sur la liste des médicaments anticancéreux onéreux, son utilisation est toujours débattue dans la collectivité neuro-oncologique. Il n’existe actuellement aucune étude médicale et économique permettant de préciser sa place, dans les glioblastomes, par rapport à la chimio-radiothérapie concomitante avec le Temodal (Stupp et al., N. Engl. J. Med., 2005, 352:987-996). L’idéal serait de faire une étude de phase III comparant d’une part le Gliadel suivi de radiothérapie à la chimio-radiothérapie concomitante selon Stupp, et d’autre part, chacune des deux thérapeutiques à l’association Gliadel plus schéma de Stupp. Une telle étude nécessiterait plusieurs centaines de patients et un support financier extrêmement important. Le travail de Philippe Menei et de l’ensemble de la collectivité neurochirurgicale française a consisté à collecter 150 dossiers de patients traités par Gliadel en première intention ou en récidive. Les premiers résultats montrent un taux de complication non nul, mais inférieur à celui rapporté dans les phases III, les plus graves étant de rare cas d’abcès et d’oedème cérébral malin. Le taux de complication est en tous cas supérieur chez les patients traités pour récidive par rapport à ceux traités en première intention. Le pourcentage de complications infectieuses supporte en tout cas la comparaison avec ceux, loin d’être nuls, de la chimiothérapie par voie systémique.

Il n’est donc actuellement pas possible de faire des recommandations sur l’utilisation du Gliadel par rapport au Stupp ou en association. Chaque neurochirurgien est laissé pour l’instant à son "intime conviction". Par contre le Club de Neuro-Oncologie de la Société Française de Neurochirurgie poursuit l’analyse des données et un attaché de recherche clinique passera dans les services fin 2006-début 2007 pour compléter les fiches. Ces données associées aux résultats des phases II actuellement en cours sur l’association schéma de Stupp et Gliadel, permettront de poser des bases plus solides pour le design d’une phase III, seule approche permettant de faire des recommandations solides.

2) Glioblastome 2004

Luc Bauchet remercie vivement l’ensemble des neurochirurgiens français pour la participation très efficace au Recensement National des Tumeurs Primitives du SNC : plus de 11000 fiches ont été reçues et plus de 8500 tumeurs primitives incidentes ont été recensées. Cette base de données et la continuité de son incrémentation, permettront à la communauté neurochirurgicale et à l’ensemble des disciplines neuro-oncologiques, la réalisation de nombreuses études.

La première étude proposée, subventionnée en partie par l’Institut National du Cancer est intitulée : "Etat des lieux des Pratiques Anatomopathologiques, Chirurgicales, Radiothérapiques et Chimiothérapiques dans la prise en charge des Glioblastomes, en France en 2004, sur la base du Recensement National des Tumeurs Primitives du SNC (760 cas)". L’étude débute et tous les services de neurochirurgie, laboratoires d’anatomopathologie et centres de radiothérapie et de chimiothérapie sont contactés pour collecter les données médicales. Les résultats attendus sont une estimation précise des pratiques anatomopathologiques, neurochirurgicales, radiothérapiques et chimiothérapiques réalisées en première intention chez les patients atteints de glioblastomes (confirmés par histologie) sur l’ensemble du territoire français. Le suivi à 2 ans de ces malades permettra d’étudier la survie à court terme pour cette pathologie dont le pronostic reste encore très réservé. Ce travail a de nombreuses perspectives, par exemple : évaluation de l’impact thérapeutique sur la population des nouveaux traitements (Stupp, Gliadel, etc.) avec une étude complémentaire en 2007- 2008, constitution d’une base de données pour la réalisation d’études complémentaires par exemple dans le cadre de projets inter-cancéropoles ou autres.

De plus, comme l’avait suggéré Hugues Loiseau de Bordeaux, une étude épidémiologique type cas témoins Glioblastome traité par gliadel et glioblastome non-traité par gliadel, appariée sur les principaux facteurs pronostics et les traitements réalisés pourrait peut-être répondre à la question du paragraphe précédent.

3) Fiche standardisée d’anatomopathologie

Comme nous le vivons tous au quotidien, l’anatomopathologie des tumeurs primitives du SNC (environ 8500 nouveaux cas par an en France) et en particulier des gliomes (environ 4200 nouveaux cas par an en France) est source de polémiques et de controverses diagnostiques (Mittler et al., J. Neurosurg., 1996, 85:1091-1094 ; Daumas-Duport et al., Ann. Pathol., 2000, 20:413-28). Madame le Professeur Dominique Henin, Présidente de la Société française de Neuropathologie, et les principaux anatomopathologistes français impliqués dans les tumeurs du SNC ont conçu tout récemment une fiche standardisée d’anatomopathologie dans les gliomes. Ceci devrait résoudre une partie des problèmes actuels. Cette fiche sera sur une page recto-verso. Le recto sera ni plus ni moins que notre fiche de Recensement National des Tumeurs Primitives du SNC légèrement actualisée, et le verso sera complété par les anatomopathologistes. L’actualisation de notre fiche tiendra compte de la topographie internationale des tumeurs (ICD-O), élément indispensable si nous voulons travailler en collaboration avec les principaux pays ou organismes (par exemple : Central Brain Tumor Registry of United States, Brain Tumor Epidemiology Consortium, Etc.) qui ont un système d’enregistrement des tumeurs du SNC, et de quelques éléments pronostiques supplémentaires. Cette fiche est faite sur le même principe que la fiche actuelle, c’est à dire, une seule page, avec pour le neurochirurgien uniquement des cases à cocher, afin quelle soit remplie facilement au bloc opératoire et qu’elle suive systématiquement les prélèvements histologiques. Cette fiche devra être testée avant son application définitive et sera adressée prochainement à tous les services de neurochirurgie.

Luc Bauchet

Secrétaire du Club de Neuro-Oncologie

de la Société Française de NeuroChirurgie









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